Mes 10 années d’expérience en institution m’ont fait rencontrer des situations pour lesquels « on y arrive pas », et ce, indépendamment de la volonté de chacun. Les explications sont multiples et difficiles à mettre en mot. En effet, ce n’est pas toujours la complexité de la situation qui conduit à la difficulté d’accompagnement, mais une accumulation de différentes raisons qui viennent empêcher l’enfant ou l’adolescent et la famille à se saisir des outils de l’institution.
Ainsi, de fil en aiguille, le placement et/ou la scolarité adaptée perdent de leur sens, la situation n’évolue pas, voire régresse, et l’institution et les professionnels qui la compose ne trouvent pas de solutions. La détérioration de la relation est alors inévitable. Nous pouvons alors avoir l’impression que « tout glisse », qu’il « n’y a pas de prise » sur ce jeune. Les bêtises deviennent des passages à l’acte, voire des mises en danger. L’impuissance des équipes devient alors de l’épuisement, et il devient chaque jour plus difficile de réfléchir. L’enfant le ressent, ce qui vient confirmer le fait qu’il ne peut se présenter différemment.
Ce que je propose
Le temps de répit mutualisé consiste à ce que l’enfant quitte l’institution sur des temps de journée. Les objectifs sont multiples :
- Répit pour l’enfant
- Création et maintient d’un rythme
- Atelier ou activité stimulants et valorisants
- Répit et prise de recul des accompagnants permettant la réflexion de long terme
- Apaisement des relations
- Création d’objets de discussions changeant le regard des accompagnants
Une fois que le cercle invertueux de la perte de sens et de lien est amorcé, l’appel à un tiers, qu’il soit sujet ou objet, est primordial. Les séances, d’une durée de deux heures au moins à la journée complète, se déroule sur l’extérieur, autour d’une activité réfléchie et construite avec les professionnels gravitant autour de la situation du jeune.
